Chroniques d’une guérison impossible – Septembre.

Chroniques d’une guérison impossible – Septembre.

La nuit noire de l’âme.

Mais cette plongée dans l’obscur, dans les tréfonds,
A eu des conséquences, j’en suis parcourue de frissons,
Septembre est arrivé, j’en avais perdu tout repère,
La nuit noire de l’âme m’a surprise, m’a mise à terre.

Je me suis retrouvée dévastée, en proie à tous les doutes,
Ne suis-je pas orgueilleuse d’avoir emprunté cette route,
Comment pouvais-je penser, croire un instant guérir seule,
La douleur de l’esprit m’a ensevelie, enveloppée de son linceul.

Et ne plus croire en rien,
Ne plus savoir ce qui est bien,
Se laisser cueillir par le désespoir,
Et plonger, plus encore, dans le noir.

La tristesse a été ma plus fidèle compagne,
Sournoise, elle avait gravé ma pierre tombale,
Ne plus sentir en moi cette lumière de l’âme,
Et croire avoir perdu, pour toujours cette flamme.

Mais je n’étais pas seule, des mains se sont tendues,
Jour après jour, des cordes d’amitié m’ont retenue,
Grâce à vos paroles, vos pensées bienveillantes,
Oui, grâce à vous mes amis, je suis encore vivante!
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Chroniques d’une guérison impossible – Août.

Chroniques d’une guérison impossible – Août.

La Déconstruction.

Août est arrivé, je me suis cloîtrée,
Enfermée à double tour, pour méditer,
J’ai voulu nettoyer mon esprit, sans concessions,
Revisiter toute ma vie, ce fût une déconstruction.

J’ai aperçu la petite fille de trois ans,
Seule, si seule, entourée de murs blancs,
Effrayée, apeurée, ne comprenant pas,
Pourquoi Papa, Maman, m’avez-vous laissée là?

J’ai revu l’adolescente en colère,
Comme en faillite, en jachère,
Son envie de crier, de hurler,
Se trouvant laide, pas aimée, rejetée.

Et j’ai revu ma mère au bord de tous ces trains,
Ses yeux si tristes alors qu’elle m’envoyait si loin,
Ses mains tendues comme pour quémander un pardon,
J’ai compris que non, ce n’était pas un abandon !

Je me suis construite comme une herbe folle,
Dans des sanatoriums, dans de fausses écoles,
J’ai mis à bas tout ce décor de pacotille,
Que pour survivre j’avais construit petite fille.

J’ai plongé profond, dans l’océan de mes peurs,
Peur de mourir et peur de vivre, tant de frayeurs,
Je les ai laissées remonter telles des bulles de savon,
Elles se sont évanouies dans l’amour, le pardon.

Enfin je suis allée voir mes ancêtres,
D’eux je suis issue, en ma chair et mon être,
J’ai coupé les liens trop lourds d’attachement,
Ceux qu’ils m’ont transmis en mes gènes et mon sang.

Et j’ai pansé toutes ces blessures, ces fêlures,
J’ai versé un baume de douceur sur mes cassures,
Pour être en paix, laisser en arrière le passé,
Et pouvoir enfin, à l’instant présent me consacrer.
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Chroniques d’une guérison impossible – Juillet.

Chroniques d’une guérison impossible – Juillet.

La douleur.

Ce trois juillet, je jette au feu tous les médicaments,
Ceux qui m’ont donné l’illusion de dormir un certain temps,
Il n’y a pas de retour possible, je n’ai guère le choix,
Vivre ou mourir, choisir de vivre, telle est ma voie.

Très vite, s’installe la douleur,
Pas un instant pour me saisir de la peur,
Très vite, je ne contrôle plus rien,
La douleur me dévore tout le corps, elle a faim !

Je ne peux juste plus penser,
Je la laisse être, me happer,
En chaque muscle, nerf tétanisé,
Elle s’installe, croit qu’elle a gagné.

Mais il y a la mer tout près, accueillante,
Je m’y jette à toute heure, elle si bienveillante,
Elle apaise la lourdeur de ce corps tout en rage,
Et un instant j’oublie, juste le temps d’une nage.

Et puis il y a ma mère, qui veille bien qu’effrayée,
Qui me trouve au matin le corps bloqué, recroquevillé,
Tout en amour, les larmes aux bords des yeux, elle va me déplier,
Et parce que je suis son enfant, doucement elle va me border.

Cette douleur ne savait pas la force d’une femme,
Jour après jour, je l’ai laissée me brûler de sa flamme,
Patiemment je l’ai laissée me malmener, me consumer,
Elle a fini par s’essouffler, je l’ai apprivoisée.

En cette fin de juillet je sais qu’enfin je la maîtrise,
Oh, elle est toujours là, mais nulle peur ne l’attise,
Je peux à nouveau respirer, réfléchir et penser,
La douleur m’a fait plier mais ne m’a pas fait chuter.
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