Grain de poussière.

Grain de poussière.

Je suis comme vous, une étrangère,
Un minuscule grain de poussière,
Perdue dans ce monde qui se perd,
Si petite dans la mouvance de cette terre.

Non, non, je ne comprends pas,
Pourquoi tant de misère ici-bas,
Pourquoi ce goût amer, noir, de charbon,
Qui envahit ma bouche, mon nez, mon front ?

Est-ce si difficile de dire merci,
Et de sourire, s’éveiller à la vie ?
Regardez tous ces gens bien vivants,
Regardez dans les yeux  … en aimant !

Je suis Tite, toute petite, petite fée,
Alors ouvrez vos cœurs, pleurez, riez,
Laissez le regard d’un rien s’émerveiller,
Osez, osez tout, être fou, être vous, éveillé,
Et là, magie, va s’inviter tant de douceur,
Et là, le cœur léger, s’invite le bonheur !
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L’amoureuse.

L’amoureuse.

Il est une amoureuse qui aime le cœur en grand,
Son cœur enfle et déborde et attend son amant.

Elle est une princesse venue du fond des temps,
Regardez ! Ses yeux brillent de perles de diamants,
Et sous sa fine armure brule un grand feu ardent,
Un seul être aux yeux purs verra en elle le volcan.

Notre princesse sent bien que ce n’est pas du vent,
Qu’il existe cet autre qui vole, bravant les éléments,
Il viendra, la regardera, doux comme un souffle de printemps,
Il viendra, la dévêtira, tendre comme la caresse de l’océan.

Et les yeux enlacés, ils vont vivre la fusion de l’or et de l’argent,
Et les corps assoiffés, ils vont s’unir jusqu’à briser le temps,
Il révèlera sa beauté, de femme divine, de femme sacrée,
Elle révèlera sa force, son essence d’homme, sa fierté.

Il est une amoureuse qui aime le cœur en grand,
Son cœur enfle et déborde et attend son amant.
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Le fils.

Le fils.

Ça y est mon fils, tu es parti,
Je t’ai poussé dehors, il suffit,
Les journées a tourner autour de l’ennui,
A ne pas oser prendre en main ta vie !

Trois jours nous avons retourné ces petits riens,
Médailles de pacotille, photos d’enfant, dessins,
Tous deux nous avons fait semblant d’être joyeux,
Pourtant chacun de nous savait, sans en faire l’aveu …

Je t’ai laissé dans cette maison trop loin de moi,
Je t’ai senti un peu démuni, en proie au désarroi,
Comme si je ne savais pas, je t’ai lâché, seul avec toi,
Il le fallait, tu dois construire ta vie, ta vie ce n’est pas moi !

Alors sois un homme, marche et vis mon fils,
N’oublie jamais tes rêves en équilibre sur ce fil,
Ose tout, ose être toi, être fort et fragile à la fois,
Ose être cet homme que je vois, honnête, fier et droit !

Tu es capable de pleurer, n’aie pas peur de pleurer,
Pour tes amours, pour tes idées, c’est ton humanité,
Ne laisse personne te dire qui tu es, qui tu n’es pas,
Aime la vie, toujours, embrasse-là, étreint-là de tes bras !

Il y aura des failles et oui, tu vas te relever,img_2255-2
Il y aura des déserts, tu vas les traverser,
Parce que c’est ça aussi, toujours se redresser,
Et regarder au loin l’infini de tes possibilités.

Et quand je serai vieille et toute ridée, tu viendras,
Embrasser mon front, me prendre dans tes bras,
Me dire tes amours, tes victoires, tes combats de Titan,
Et moi je serai fière, si fière, d’avoir été Maman …
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Cicatrices.

Cicatrices.

Nous portons tous des cicatrices, visibles ou invisibles,
Marquant nos cœurs comme une toile de lignes impassibles,
Lignes douces et tenues ou failles insondables, abyssales,
Lignes de cotonnade ou plaies déchirant les entrailles.

Elle ne voyait que son chagrin mais elle est femme et mère,
Elle est entrée dans cette faille, dans le cœur de sa mère,
Sa mère qui a perdu un fils, son regard est perdu, ailleurs,
Elle a été traversée, clouée, pliée en deux, de toute cette douleur.

Et elle a été happée, emportée par tous ces pleurs de femme,
Toutes ces mères qui ont perdu l’enfant et un bout de leur âme,
Son ventre n’est qu’un cri poignant à l’infini, de Marie à sa mère,
De sa mère à Marie, la mort a pris aux femmes le propre de leur chair.

A cette mère en perdition, qui ne sait dire je t’aime,
Elle va donner de sa douceur, à foison des je t’aime,
Elle l’aimera pour deux, pour lui, pour elle … Ma mère,
Tu dois comprendre qu’encore brille sa belle lumière !

Allez, relève-toi,
Fais juste un pas,
Et prends mon bras,
Vas y, redresse toi,
Maman … encore un pas !
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L’âme sœur.

L’âme sœur.

Toi, l’homme, mon âme sœur, je t’attends,
Fais vite, je t’en prie, parce que file le temps,
Viens, ne t’attarde pas en chemin, je suis là,
Toi aussi, je le sais, tu n’attends que cela !

Je te verrai de loin, de suite, d’instinct, je saurai,
Avant de te parler, avant de te toucher, je saurai,
Car nos yeux trouveront les cieux, la lumière,
Le temps va se suspendre, comme le ciel, la terre.

Je te donnerai tant de douceur, chaleur de femme,
Que tu seras bouleversé, aussi touché à l’âme,
Tu me prêteras ton épaule, qu’enfin je me repose,
Sur ta force, ta droiture, ta bonté, apothéose !

Toi, l’homme, mon âme sœur, je viens,
Ne te retourne pas, lâche la peur, les liens,
Ensemble de deux, nous ne ferrons plus qu’un,
Tu es là, enfin, viens et prends ma main …
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Ph 53_l'âme soeur

Se réconcilier.

Se réconcilier.

Ce soir de Nouvel An, elle a tant pleuré,
Elle n’était que rivière de larmes salées,
Elle a voulu rejoindre son frère, oublier ce temps,
Il lui a dit non, ce n’est pas encore Ton temps !

C’est une femme de quelques cinquante ans passés,
Elle se pose aujourd’hui, tant de batailles menées,
Quelques joies, et trop de douleurs vécues, cumulées,
Jusqu’à ce jour où elle a perdu son frère tant aimé.

Cette douleur là, elle ne la savait pas, c’est comme un trou,
On lui a arraché un bout de sa chair, elle a roulé dans la boue,
Une boue noire et collante, elle s’y noyait, en plein malheur,
Mais elle se redresse étincelante, la peur écrasée par le cœur !

Oui elle se relève encore, l’histoire n’est pas finie,
Elle doit encore sauver son corps, jouer cette partie,
Son pauvre corps fatigué, si fidèle, qui a tout supporté,
Des épaules trop chargées, jusqu’au souffle coupé.

Dans cette dernière ligne de vie, elle va prendre soin d’elle,
Et soigner son corps malmené, ne plus le laisser pêle-mêle,
Nous allons nous réconcilier, je vais enfin nous aimer,
Pardonne moi juste d’avoir tant tardé … à accepter !
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