Miss Toccata – Episode 8

Miss Toccata – Episode 8

Je vous parlais dernièrement d’un tempête qui se rapprochait.
Miss Toccata a bien du mal à raconter, à livrer ces mots … Mais bon assez tergiversé, allons-y !

Miss Toccata a sept ans. Elle a été hospitalisée pour ses soucis de santé. Lors de la consultation d’entrée avec le médecin, il a eu ce regard lourd, il lui a susurré : « Quelle jolie petite fille ! »

Et une nuit dans cet hôpital, il est venu la chercher, un gâteau à la main pour l’amadouer. Elle sent que ce n’est pas normal, « Pourquoi il vient me réveiller, c’est la nuit ? » Elle ne voit après cela qu’une grande pièce blanche et un lit.

Il a sans doute dit des choses, elle ne l’entends pas. Elle sent juste la peur monter comme une grande marée. Ses trop grandes mains sont sur son corps. Elle sait que ce n’est pas bien, qu’il ne faut pas. Alors elle se débat, essaie de le frapper avec ses petits bras. Il lui attache les mains avec des sangles aux montants métalliques du lit. Elle continue, essaie de se libérer comme une forcenée, enragée. Elle commence à crier. Il la gifle et de sa grande main lui écrase la gorge et la trachée. Elle peut à peine respirer, elle ne peut plus crier. Lui est excité par cette gamine qui lui résiste encore avec les jambes, les pieds. Elle sent l’autre main de l’homme descendre plus bas, entre ses cuisses. Il est sur elle, il est en elle.

Alors la terreur,
Et puis la douleur …

Cette douleur incommensurable, inracontable, qui envahit chaque cellule de son corps, qui la tétanise. Elle ne se bat plus. Elle entends juste son rire jaune de hyène qui jubile, qui sait que sa proie est brisée. Il se déchaine. Elle suffoque de cette douleur qui s’imprime en elle, en tout son être. Elle veut juste mourir, pour ne plus rien sentir.

La suite …. Elle a senti ses cuisses brûlantes, visqueuses. Il l’a lavée, ramenée dans sa chambre comme si de rien n’était. Et elle a oublié.

« Toute petite, elle a été abusée,
C’était trop, sa tête a oublié,
Mais son corps se souvient,
Le corps n’oublie jamais rien. »
—13.02.2017—

Cette nuit là, comme tant d’autres jours, comme tant d’autres nuits, depuis la nuit des temps, un homme a assassiné l’enfance, la vie, la joie.

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Merci de votre amitié, de votre fidélité les z’amis. N’hésitez pas à laisser un commentaire.
Miss Toccata et moi-même vous envoyons notre tendresse ❤

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Lumière.

Je suis allée me promener au bord de la mer en fin d’après midi. C’est un grand privilège de pouvoir le décider et d’y être quinze minutes après !
Et là, sur la plage désertée, j’ai respiré profondément la mer, humé le vent. Le soleil m’a parlé par ces rayons dorés caressant la fin du jour, de cet instant parfait.
Ce texte est dédié à toutes les femmes qui marchent, qui cherchent, qui se battent de par le monde pour rendre celui-ci meilleur ! Et merci aux hommes qui savent éveiller, voir chez la femme, le beau, l’intense, le vrai.

Le soleil et la mer se sont penchés sur toi ce jour.
Ils sont venus tout près de ton oreille, t’ont murmuré :
Va, marche, toi la Femme, la Mère, l’Amie, l’Amante.
Respire et marche !
Il y a deux énergies en ce monde merveilleux,
Le sais-tu ? Il te faudra choisir l’une des deux,
La Peur qui réduit,
L’Amour qui grandit.

Alors va, marche, toi la Femme, la Mère, l’Amie, l’Amante !
Décide maintenant d’abandonner la Peur,
Décide maintenant de rencontrer l’Amour,
L’Amour en toi, l’Amour de toi.
Et vois, la lumière qui brille là, pour toi !
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Miss Toccata -Episode 7

Miss Toccata -Episode 7

Bonsoir les z’amis.

Retrouvons notre Miss Toccata dans le présent.
En fait, il ne se passe pas grand chose dans sa vie. Le psy lui a dit c’est bien, c’est fini.
« Ah ! Bon … Vous êtes sûr ? »
L’hypnothérapeute le lui a dit aussi, Miss Toccata a pourtant essayé de lui dire ses ressentis, mais elle a répondu : « Inutile de chercher trop loin ».
Ben oui, avec tout ce qu’elle a déjà vécu, raconté, elle pourrait déjà être un peu toquée ! Et puis, allez je vous le dis, Miss Toccata analyse, entends, écoute chaque bruit caché, tapi en son corps, essaie toujours de donner du sens à ce qui n’en a pas, peu de thérapeutes font cela, ils ne la comprennent pas !
Alors elle s’est un peu découragée, recroquevillée, après tout, ils avaient peut-être raison ?

Mais en elle … C’est une sorte de calme avant la tempête, elle est la louve qui hume l’air, qui sent que quelque chose frémit, son instinct sait. Miss Toccata l’entends ce grondement qui enfle, elle le sent dans chaque cellule de sa peau, dans l’air qu’elle inspire, dans son ventre qui palpite. Et puis Mr Rufus est là aussi, il ne lui laisse pas de répit, elle lui parle cependant comme à un ami. Mr Rufus lui a dit : « Non tu n’es pas au bout de ta quête, bientôt tu seras prête. »

Bon, elle a un petit peu peur, c’est normal, humain, que voulez-vous, mais elle envoie valser les thérapeutes, leurs certitudes, elle n’en gardera qu’un. Et Miss Toccata se calme, elle fait silence. Elle fait taire tous les bruits dans sa tête et avec infiniment de douceur, elle se connecte à l’Amour universel et Divin juste là en son cœur. Au Divin elle dit :
« Aide moi à être forte, à accepter, oui je ne suis qu’un roseau, je vais plier, peut-être tomber à terre, inonde moi de ton amour, de ta lumière qu’après l’orage je puisse me relever. »
Et elle se prépare, sans se barricader, sans se cacher, bien droite et debout à affronter la tempête qui approche à grands pas. Ce sera demain, dans un mois, elle ne sait pas.

Et elle se dresse face au vent :
« Je suis prête, viens ! Je t’attends. J’ai lâché la peur, par l’amour que je porte en mon cœur, je peux aujourd’hui t’affronter, qui que tu sois monstre ou géant ! »

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Je dois vous dire que la tempête s’est abattue ce jour. Ce n’est pas pour faire durer l’histoire, en tant que narratrice je préfèrerai tout vous dite, tout de suite ! Mais Miss Toccata doit récupérer, reprendre son souffle juste pour réussir à la raconter, avec les mots justes, ceux qui viennent du cœur.

A vous les très rares amis qui êtes dans la confidence, merci de ne pas l’ébruiter. Elle doit avant tout parler à ses enfants. Miss Toccata se joint à moi pour vous assurer de toute sa tendresse ❤

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Être femme.

Être femme.

Rediffusion, vous avez le choix, en mots où vidéo.
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Être femme,
C’est se battre deux fois plus,
Parce que née sans phallus,
C’est porter les enfants,
Goûter à ses instants,
Et aimer être ronde,
Parce qu’elle porte le monde.

Être femme,
C’est parfois subir l’ignominie,
D’un plus fort, d’un père ou d’un mari,
Et vouloir mourir, en s’enfonçant sous terre,
En avoir si mal, si honte, en perte de repères.
C’est entre le boulot, le linge et la vaisselle,
Vouloir s’envoler haut, voler à tire d’ailes.

Mais être femme,
C’est, après être tombée les genoux écorchés,
Vouloir se relever, se redresser, fière, sacrée,
Se dire que plus jamais elle ne sera bafouée,
Et choisir avec qui et quand elle veut aimer,
C’est enfin Soi, se respecter,
Ne plus jamais subir l’assaut,
De celui qui fût son héros.

Elle est femme,
Au-delà du miroir de son âme,
Enfin elle se sent belle,
Pas pour lui, juste pour elle …
Et refermer ses cicatrices,
Non chéri, ce n’est pas un caprice,
Prendre sa vie en mains,
Pour de beaux lendemains.

Elle est femme,
Oui, elle se redresse fièrement,
Et va humer la mer, la terre, le vent,
Pour enfin vivre comme elle l’entends,
Et se draper de blanc …
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Miss Toccata – Episode 6

Miss Toccata – Episode 6

Bonjour à tous les z’amis !
Miss Toccata ne vous a pas oublié, elle était juste bien occupée ! Elle est allée chez sa mère, au bord de la mer. Eh oui, sa mère vit au bord de la mer, et Miss Toccata a un peu profité, un peu, trop peu, de l’eau bleue apaisante de la Méditerranée, du soleil dévorant de cet été brûlant.

La mère est âgée, pas très en forme, elle ne supporte plus la chaleur et Miss Toccata est allée prendre soin de cette femme qui vieillit, qui ne l’accepte pas, qui a peur de la dépendance avec la rage de vivre encore au ventre. Bon, compte tenu de l’état d’esprit de sa mère, Miss Toccata en a un peu bavé, mais que voulez-vous, c’est toujours sa maman !

Et puis elle est rentrée chez elle fatiguée. Elle a pris conscience de cette grosse boule là, au creux de l’estomac. Tout en elle s’entrechoquait, se révoltait comme dans ce coucher de soleil où l’ombre veut avaler la lumière, cette ombre qui n’admets pas que la lumière puisse exister. Il lui aura fallu cet été sans pitié pour comprendre, enfin, un bout de son destin …

Miss Toccata m’a alors raconté les femmes de sa famille : sa mère, sa grand-mère, son arrière grand-mère, ces femmes orgueilleuses. Elles se nourrissaient d’obligations, de l’abnégation. Après tout, être femme c’est naître pour souffrir, enfanter dans la douleur, être femme c’est se sacrifier, et les dents serrées vivre cette vie en oubliant la joie d’aimer, de respirer, pas le temps pour ces frivolités ! Être femme c’est être bonne ménagère, avoir des enfants propres et bien élevés, leur apprendre que le travail c’est la santé. Il n’y avait pas d’autre choix dans leur esprit domestiqué, on ne leur avait appris que cela. Mais notre Miss Toccata n’est pas comme elles, elle est en fait leur juste contraire. Pourquoi ? Elle est là, je crois, pour briser cette lignée … Un homme lui a dit un jour, tu es fière, orgueilleuse ! Elle en est restée étourdie et muette qu’il ne puisse comprendre la nature de son être …

Ces femmes de sa lignée pensaient aussi que les hommes sont faibles, elles leurs accordaient avec un certain dédain le droit de partager leurs vies. Et Miss Toccata me raconte maintenant ses frères, son père et son grand-père. Eux avaient le droit de rire, du fait de leur statut « de mâle », ils avaient le droit de faire des pitreries, des blagues, mais sans jamais verser dans la vulgarité, cela va de soi ! Les femmes veillaient avec un sourcil levé. Le rire a été un de leur seul droit je crois. Ils ont soufferts ces hommes, Miss Toccata le sent, infiniment.

Ah oui, je savais que cela vous intéresserait ! Qui, comment était-il ce père dont nous n’avons pas encore entendu parler ?

Le père de Miss Toccata était un homme bon et doux. Il a été jusqu’à son dernier jour fou d’amour pour sa femme. Elle était son oxygène, son émerveillement, celle à qui il ne pouvait rien refuser, contre laquelle il n’a jamais haussé la voix, cela l’a rendu un peu lâche sans doute. Elle l’avait poussé dans sa carrière, lui qui aurait pu se contenter de peu, et pour elle il avait abandonné la musique, son unique passion, ben oui vous comprenez, ce n’est pas un métier !

Ce père s’arrêtait dans la rue pour nourrir les mendiants, faisait le clown en marchant comme un certain Charlie Chaplin tout de guingois, faisait voler les petits pois (oui je vous l’assure !) et surtout, surtout, il prenait Miss Toccata dans ses bras ! Il savait bien que cette petite lui ressemblait avec sa sensibilité à fleur de cœur … lui de l’amour il en distribuait sous l’œil réprobateur de sa femme qui ne comprenait pas cette absurdité, elle en vint même à considérer cette petite avec rivalité. Et puis le père a cessé d’embrasser ses enfants, sa tête a oublié, comme dans un vase ébréché la maladie s’est insinuée, doucement il s’est enfermé. Il ne savait plus que dire :  » Elle est où ma femme … Elle est belle ma femme ! », encore ébahi, à la fin de sa vie, qu’elle l’ait choisit, lui !
Il est parti sans faire de bruit comme il aura vécu, Miss Toccata lui en a voulu un peu, pas trop, d’être parti trop tôt …

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Miss Toccata – Episode 5

Miss Toccata – Episode 5

Miss Toccata doit vous raconter encore un peu les peurs et les frayeurs, se raconter, pour sortir de cet hiver sans fin et renaître à la saison du cœur.

Il lui reste un souvenir à expulser, cette boule au creux de son ventre, si présente … Ce souvenir revient par bribes, en partie en rêve, en partie en conscience.
Elle a sept ou huit ans. Elle est dans une grande pièce toute blanche, avec un homme, un médecin sans doute. Ses mains sont attachées, sanglées, sur un lit d’examen. Elle crie : « Non, non, je ne veux pas ! » et une douleur insupportable lui serre la gorge.
Et puis Mr Rufus arrive au galop, l’empêche de voir la suite …
Ce souvenir est bien là, bloqué, coincé, bref un truc pas digéré … Il n’est pas loin ce souvenir hideux, ce géant monstrueux qui sommeille en elle, la pire des frayeurs de son enfance, cachée au fin fond de sa conscience ; « Maman, Papa, pourquoi vous m’avez laissée toute seule ? ».

Mais me direz-vous, qui est ce Mr Rufus, qui arrive juste au moment où elle pourrait souffler un peu et peut être se rappeler ?
Mr Rufus est le contrôle qu’elle a exercé sur elle-même tant d’années, il est la somme de toutes ses peurs accumulées. Mr Rufus combat, veut nier l’expression de son être profond qui lui dit : « Stop, tu ne peux continuer à faire semblant de vivre, à te cacher, il est temps de voir, de tout illuminer. »
Il est le conflit entre ce qu’elle est vraiment et les conditionnements amassés, étiquetés, rangés bien ordonnés hors de sa conscience. Il est une distorsion, une dissociation entre son âme pure et son vécu trop dur.
La présence de Mr Rufus l’oblige a fouiller, déterrer, nettoyer, épousseter. Il est temps de faire le ménage à l’intérieur, de revenir à soi, à l’essentiel, à l’essence.

Miss Toccata sent bien qu’une petite flamme a toujours brillé là au plus profond d’elle, parfois juste une minuscule lueur dans les nuits trop sombres, dans les jours emplis d’ombres. L’arrivée de Mr Rufus est un cadeau, parce que quand il arrive au galop elle sait désormais que c’est sa peur qui s’exprime, son ego. C’est pour cela qu’elle doit l’apprivoiser. A l’inverse, l’univers bienveillant lui chuchote :  » Regarde la belle personne que tu es, tu mérites d’être aimée … Tu penses que les autres en sont dignes, pense à toi aujourd’hui. Tout ce que tu donnes aux autres, fais-en le don, pour toi ! Fais-toi le don de te pardonner, de croire en toi, de t’offrir la douceur et tout l’amour qui sont en toi ! ».

« Pardonner, c’est délivrer un prisonnier et découvrir que le prisonnier c’était vous. » Oscar Wilde.

Dans la moiteur de ce soir d’été,
D’un coup le vent s’est levé.
Miss Toccata respire.
Bientôt elle verra le souvenir.
Elle entendra les sages paroles de l’univers.
Elle sortira du froid et de l’hiver.

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Miss Toccata – Episode 4

Miss Toccata – Episode 4

Donc je reprends là où nous en étions. Miss Toccata a vingt quatre ans. On pourrait croire que les choses vont s’arranger pour elle, au moins un peu, en quittant le domicile familial. Ah oui, je ne vous l’ai pas dit, Miss Toccata va se marier et fonder une famille ! Oui, je vous raconte, patience …

Je vous entends ; pourquoi vous demandez vous, pourquoi donc cela ne s’arrangerait pas pour elle ? Parce que lorsque l’on a développé de si belles blessures, l’on attire sans s’en douter ( ben oui si elle avait su, ou compris plus tôt, elle est pas maso non plus ! ), donc l’on attire immanquablement les prédateurs comme l’agneau attire le loup.

Donc Miss Toccata s’est mariée. Pour la petite histoire d’ailleurs, sa mère lui a choisit sa robe, c’est cette dernière qui payait donc qui choisissait. Notre Miss aurait bien aimé une jolie robe de princesse, comme toutes les filles quoi, c’est normal d’être une fois, juste une fois la plus belle … Elle a eu droit à une jupe et un boléro certes blancs mais qui ne lui allait pas ( elle ressemblait à un sac là-dedans ) et qui n’était d’ailleurs pas une vraie robe de mariée. Comme lui a dit son psy gentiment : « Vous auriez dû vous méfier ! ». Enfin bref, revenons à nos moutons, ou à notre agneau si vous préférez.

Elle avait attiré à elle, comme une tartine de miel attire le méchant frelon ( pauvre frelon, il est pas méchant en fait, mais c’est pour la comparaison, vous l’aurez compris ), donc elle avait attiré un prédateur, bien plus dangereux celui-là que sa mère ( la mère de Miss Toccata bien sûr ). Elle aura deux enfants avec lui.

Lui dans son style, c’était un grand maître ! Au début, il l’a couverte de cadeaux, lui a fait miroiter un paradis, pendant qu’il préparait son enfer, petit à petit ; il l’a isolée, puis rabaissée, puis humiliée. Agée de trente quatre ans, il l’a emmenée loin, très loin de tous, de tout. Elle ne connaissait plus que lui, ses reproches incessants et ses colères assourdissantes. Elle avait peur, tout le temps, le jour de ses colères énormes, la nuit de ses envies d’homme.
« Ma pauvre fille ( ah tiens j’ai déjà entendu ça ! ), tu es complètement folle, il faut te faire soigner ! », lui disait il s’il lui prenait l’envie de le contredire. Elle se recroquevillait, se faisait minuscule, en oubliait de respirer pour résister à toute cette violence et pour protéger ses petits, ces deux là qui donnaient un sens à sa vie.

Et puis un jour, il a maltraité son fils. Un peu de sang a giclé, son sang à elle a bouillonné. Elle aurait pu tout supporté mais pas ça, pas ses enfants. Elle a compris qu’il fallait fuir, fuir loin de lui, loin de cette folie.
 » Si tu pars, tu n’auras rien !!! Pas un meuble, pas un sous !!! »
A quarante quatre ans Miss Toccata est partie avec quelques vêtements, ses deux petits sous le bras et son courage autour du cou pour les soirées d’hiver. Elle a refermé cette porte là, sans se retourner.

Alors elle a travaillé, travaillé, bien serré les dents, les poings et redressé la tête pour y arriver, pour élever ses chéris, qu’ils fassent des études, qu’ils aient le droit de se tromper et de recommencer. Pour elle-même, il n’y avait plus de droits : pas le droit d’avoir peur, ni le temps d’ailleurs, pas le droit à l’erreur. Sortie d’une prison, elle en construisit une autre, plus solide. Désormais elle était son propre géôlier et son propre bourreau.
Ne pas s’écouter, jamais, ne pas être faible, ne pas s’apitoyer sur soi, ne plus savoir aimer ou avoir peur d’aimer, ça revient au même.
Serrer les dents encore, tout contrôler, ne rien laisser s’échapper. Tout bien ranger, nettoyer et faire briller la surface pour ne pas voir l’abîme qui se creusait, là où toute la noirceur et les frayeurs s’accumulaient.

A cinquante quatre ans ( vous avez remarqué qu’il se passe un truc tous les dix ans ? ), les enfants diplômés, Miss Toccata s’est dite :  » Je vais pouvoir me reposer un peu et pourquoi pas profiter … « . C’est là que Mr Rufus est arrivé ! Lui, vous le connaissez déjà … ( Pour ceux qui n’ont pas suivi, revenir à l’épisode 1 de Miss Toccata. )

Je vous laisse pour ce soir, pardon si cette partie de l’histoire est un peu plus noire, mais bon que voulez-vous, je ne fais que raconter en miroir !
A très bientôt les amis, surtout prenez soin de vous …
Miss Toccata et moi-même vous adressons nos plus belles pensées. ❤

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