Je regarde souvent autour de moi, comme une enfant, les sens en émoi.
Il y a deux choses que je ne vois pas à l’état naturel : un blanc parfait, sans nuances, un noir profond sans reflets.

Nous Humains avons souvent tendance à considérer que chaque chose, chaque pensée, que tout est blanc ou noir. Mais la magie de la vie réside dans toutes les nuances de gris …

Et je repense à la colère, que j’ai moi-même longtemps désignée comme inacceptable. Enfant, je n’ai jamais vu mes parents en colère, jamais. Mon père était un fervent catholique et la colère est dans cette religion un des sept péchés capitaux, rien que cela ! Il avait en lui, profondément ancrée, la conviction que la colère est mauvaise et j’ai abordé ma vie d’adulte avec ce bagage. Je me rends compte aujourd’hui que cette incapacité à laisser sortir mes colères m’a joué des tours …

Cependant depuis quelques temps, je me surprends à sentir monter en moi ce volcan, c’est comme une éruption venue du fond des temps, une tempête qui balaie certitudes et à-priori. Et je sens que c’est bien.

La colère est une émotion, elle se décline elle aussi dans toutes les nuances de nos vies. Elle fait partie de notre nature, de nos couleurs, de notre source et de nos profondeurs.

Il y a la colère des gens trop abîmés, qui ne savent plus s’exprimer qu’avec la rage à la bouche, prêt à lever la main, le poing, à la moindre occasion. Elle est en ceux qui crient, frappent, violent, tuent. C’est celle qui effraie, qui animent les violents et celle-là, nous ne pouvons la tolérer. Elle est pathologique.

Nous avons tous des blessures plus ou moins vives, plus ou moins refoulées, un endroit juste là, à l’intérieur ou ça fait mal encore. Ce sont les blessures de l’âme. C’est comme s’il y avait en nous un bouton « danger », un mode « alarme », et chaque fois que ce bouton est enclenché par un mot, une situation, la colère arrive féroce, galopante. Elle s’exprime contre nous-même. C’est la colère miroir.

Et puis il y a la colère face à l’injustice des mots, des actes qui nous rabaissent. Nous le sentons en nous, ce je ne sais quoi qui sonne faux, ce rien de suffisance et d’arrogance. C ‘est quand quelqu’un veut exercer sur nous un rapport de force, un pouvoir. Et cette colère est juste. Il est juste de pas être heureux dans la violence psychologique car il s’agit bien de violence. C’est l’arme des manipulateurs, des égos surdimensionnés. Oui, nous avons le droit de ne pas tout accepter, et se mettre en colère, dans ces circonstances, est normal, humain et sain.

C’est pourquoi, quand nous sommes en colère, nous devons nous demander, que se passe t’il, là en dedans, qu’est ce que je ressens dans mon cœur et dans mes profondeurs, à quoi cela me ramène ? Est-ce pathologique, une réaction miroir, ou est-ce juste ? Ce questionnement est primordial à notre bien-être. Car le problème de la colère est qu’elle coupe, griffe, elle blesse. Elle fait mal, soit à nous-même, soit à l’autre.

Alors soyez indulgents, bienveillants, avec les autres mais aussi et surtout avec vous-même. Personne n’est parfait. Voyez en vous, en l’autre, cet arc en ciel qui vous compose. Le questionnement, le partage, le respect de soi, de l’autre mais surtout le pardon sont là pour mettre un baume sur vos blessures, sur les bleus et les bosses fait à votre âme. Parce que cette petite âme qui vibre là en vous, il faut la soigner, la dorloter, l’aimer … elle fait de vous cet être unique et merveilleux qui mérite l’amour, du premier à la fin de ces jours.

Si un coup de colère peut être le signe d’un abîme,
Il peut aussi rallumer des couleurs à la cime.

Kathy B.
****
Ph 50_la cinquantaine

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4 réflexions sur “La colère …, encore.

  1. Très juste encore une fois.
    La colère a plusieurs visages. Elle peut détruire. Comme elle peut être libératrice et déboucher sur quelque chose de positif. Je crois qu’il faut la laisser sortir pour se construire – reconstruire.
    Et être bienveillant – toujours – merci pour ce beau partage.

    Aimé par 1 personne

  2. Waouh ! Rien à rajouter et merci à toi pour cette réhabilitation de la saine colère. Les autres ont souvent tendance à me faire culpabiliser, je l’ai encore vécu hier, pour mettre mise en colère dans une situation dont ils ne connaissaient les tenants et les aboutissants. Ça part au départ d’un bon sentiment, l’envie d’élever votre conscience vers du mieux, vers du beau mais ça coupe cet élan de vie qu’est la colère. Un petit enfant qui pique une grosse colère exprime une frustration, une injustice, un mal être, une souffrance enfouie… il faut que cette colère sorte, même si c’est désagréable pour ses proches, déstabilisant à court terme, ce sera autant de blessures pansées et guéries à long terme à l’adolescence et/ou à l’âge adulte.
    Merci Kathy, je me sens mieux grâce à toi 😊

    Aimé par 1 personne

    1. Et oui, les gens sont plein de bons sentiments et veulent nous aider à enfouir, dépasser cette colère ! Et tu as parfaitement raison pour les enfants, leur laisser vivre leurs colères éviterait bon nombre de blessures et de frustrations pour plus tard. Je suis heureuse que tu te sentes mieux 🙂

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