Vent de colère.

Vent de colère.

Ce soir pas de rimes, de poésie, juste un grand vent de colère, un vent qui balaie tout et il était plus que temps.

Je vous explique.

La plupart d’entre vous le savez déjà, je souffre depuis cinq ans maintenant  de myoclonies propriospinales d’endormissement ( ceci est le juste terme médical ). Les myoclonies sont des sursauts involontaires, pour ma part très violentes, dans tout le corps et qui apparaissent, sinon ce ne serait vraiment pas marrant, au moment du coucher et ce pendant plusieurs heures.

Les médecins et les divers thérapeutes consultés à ce jour, n’ont pas pu m’aider. Mais des amis, avec le cœur sur la main ont pensé détenir eux le secret de ma guérison. Et l’on m’a dit :

– « Tu devrais bouger d’avantage, fatiguer ton corps, forcément tu dormirais ». Et je me suis épuisée, je me suis jetée à fond dans l’exercice physique, pour seul résultat d’être encore plus fatiguée.
– « Tu as un problème qui est d’ordre psychologique, c’est dans ta tête ». Et je me suis éreintée à comprendre les moindres ressorts de mon mental, de mon mal.
– « Tu cultives ta souffrance, tu te définis par elle ». Et encore une fois, j’ai voulu me remettre en question, je me suis torturée deux jours …

Et tout à coup une grande colère est montée en moi. Mais de quel droit me parle-t’on ainsi? Quand, à quel moment cet ami s’est-il dit « moi » je sais mieux qu’elle ce qu’elle vit? Le problème avec ce genre de petites phrases, c’est que la personne malade se dévalorise encore un peu plus, se dit « ça vient sûrement de moi » … Le moral retombe dans les chaussettes. Est-il normal de rajouter un poids supplémentaire? Quand la souffrance est quotidienne, qu’elle prends le pas sur l’ensemble de votre vie, doit-on en plus supporter cela?

Non ! Foutez-moi la paix !

Une personne en souffrance, que cette dernière soit physique ou morale, a besoin de compassion, de bienveillance. Mais les grandes claques dans la figure ne font pas avancer. Les grandes claques, ça fait mal !

Je lis souvent que les maux du corps reflètent les maux de l’âme, que le corps exprime ce qui n’a pas été entendu par l’esprit. Nous nous rendons malades parce que nous n’avons pas évacués nos blessures. Oui, je crois que c’est exact. Mais pouvons-nous nous permettre de nous improviser psychiatre ou thérapeute, pour « sauver » l’ami malade? Les mots ont un sens, ils ont une portée que parfois nous n’imaginons pas, et l’on ne peut balancer des vérités vraies ou fausses ainsi. Sous prétexte de dire ce que l’on pense, à tort ou à raison, on en vient à être méchant et cruel.

Alors, si jamais vous vous retrouvez dans cette situation, face à quelqu’un qui souffre, apportez lui votre soutien, votre gentillesse et votre bienveillance. Prenez le temps de discuter, parce que vous l’appréciez, parce que vous l’aimez, donner-lui de votre temps. Et juste en discutant, avec le cœur ouvert, peut être pourrez-vous lui donner cette clé qui lui manque … Peut être … Parce qu’il faut rester humble en ces circonstances et jamais, au grand jamais ne penser détenir la vérité absolue sur ce qui fait tant souffrir votre ami.

Kathy B.
Ph 20_sois polie

Paix intérieure.

Paix intérieure.

Je me suis posée, aujourd’hui,
Dans mon jardin, mon coin de paradis,
Là où je suis tranquille et en sérénité,
La paix s’est installée dans la lumière dorée.

Je me disais, je me dis souvent, je devrais bouger,
Rencontrer, parler, donner, aimer,
Mais cet instant de paix est mon cadeau,
Après ces nuits de lutte contre mon corps sans repos.

Et j’oublie la fatigue, les maux,
Je me délecte de ces moments juste beaux,
Quand la paix m’amène sur ces rivages,
Ou je ne suis plus ce corps en rage.

Je ne m’oblige à rien, juste être dans le présent,
Enfin je respire, enfin je profite juste là, dans l’instant,
C’est un acte d’amour, une douceur que l’on s’accorde à soi,
Et dans ces moments de présence infinie à moi,
Ma conscience s’ouvre au Divin, à l’autre, à toi …

Ne pas juger, à peine penser,
Juste écouter cette petite voix,
Qui sait ce qui est bon pour moi et toi,
Juste profiter de l’amour déposé.

L’air se mouille de la prochaine pluie,
Le chat se déplace gracile et sans bruit,
Et le ciel métallique s’obscurcit,
Merci, je suis encore en Vie !
****
Kathy B.
DSC_0007-2_1-1

Double vie.

Double vie.

« La maladie chronique est l’expérience même de la contradiction, l’expérience du conflit entre une tendance au chaos et à l’usure, et la résistance, l’inventivité d’un malade qui cherche à y nicher une vie supportable et à y insuffler espoir et liberté. C’est l’épreuve d’une double vie imposée »
Céline Lefèvre – le Monde 19.08.18

C’est exactement cela !

Les jours où les maux sont comme dilués,
L’espoir renaît, comme un souffle de printemps,
C’est une lumière qui s’allume,
Une renaissance de l’âme qui exulte.

Les jours où le corps est en vrac,
C’est une nouvelle chute, tout se détraque,
L’espoir s’en va en courant,
Le ciel s’assombrit en un instant.

Il faut apprendre à lâcher prise et ne rien lâcher.
Il faut apprendre à se battre et déposer les armes.

C’est si difficile et je l’avoue,
Je suis parfois terrassée, à bout.
Et là, je voudrais juste des bras aimants,
Juste des bras bienveillants,
Qui me dirait, repose-toi,
Respire, je suis là,
Sans discours, sans jugement,
Juste dans l’amour de l’instant.

Kathy B.

Aimer et s’aimer.

Aimer et s’aimer.

Je suis une femme qui aime le cœur en grand,
Je me jette en amour comme dans l’océan,
Chaque fois, c’est un torrent effervescent, un volcan,
Qui dévale en mon cœur, en mon ventre, infiniment.

Je ne connais pas la demi-mesure,
Je ne sais pas le raisonnable, le sûr,
J’ai besoin d’être éblouie à chaque fois,
Que chaque jour soit un miracle et un acte de foi.

A chaque homme qui a croisé ma route,
Je veux dire je t’aime, n’ai aucun doute,
Je t’ai aimé, je t’aime encore, tout en douceur,
Pour ce que tu m’as offert et qui brille encore en mon cœur.

Parfois je suis partie en courant,
Je n’ai pas su dire calmement,
La magie, la folie, l’étonnement,
La part de sacré qu’il me manquait en ces instants …

Aujourd’hui, je n’attends pas un nouvel amant,
Je le croiserai ou pas, ce n’est pas important,
J’apprends à m’aimer en douceur, tendrement,
Et l’espace en mon cœur grandit encore, inexorablement.
****

L’enfant.

L’enfant.

Je voudrais prendre un enfant dans mes bras.
Cet enfant c’est toi, moi …
Cet enfant que l’on ne voit pas,
Cet enfant malade dont l’avis ne compte pas,
Cet enfant blessé,
Cet enfant humilié,
Cet enfant abusé,
Cet enfant que l’on n’a pas écouté,
Cet enfant, au milieu de frères et de sœurs, isolé,
Cet enfant déposé trop vite en ce matin givré …

Je voudrais prendre un enfant dans mes bras,
Cet enfant c’est toi, moi,
L’entourer de douceur, de soie,
Lui picorer le ventre de baisers plein d’émoi,
L’envelopper avec les larmes de l’amour,
Lui caresser les cheveux jusqu’à la fin du jour.
Et là, posé sur mon sein,
S’allumerait un sourire serein,
S’envoleraient une à une ses peurs,
Dans ses yeux brillerait une nouvelle lueur …

Cet enfant c’est toi, moi,
Accordons nous enfin la douceur, la soie,
Accordons nous l’amour de nous en ce matin,
Pour du meilleur et de beaux lendemains.

Prenez soin de vous ❤️ Kathy B.

Amour perdu.

Amour perdu.

C’est une femme avec le cœur en bandoulière,
Elle a voulu aider, aimer cet homme un peu amer,
Il porte une indicible rage qui le tient en tenailles,
Qui lui grignote peu à peu les entrailles.

Elle a croisé tant de gens, avec tant de colère,
Meurtris en leurs cœurs et leurs chairs,
Abîmés par une mère forgée dans le métal, impitoyable,
De ces hommes qui ne voient en l’autre que l’irréparable.

Dans son ventre de femme, elle a compris,
Oui, elle a compris ce que l’homme a subi,
Qu’en ce jour il n’avait pas d’autre choix,
Que de lui faire porter à elle sa croix.

Mais quand on ne veut pas faire ce chemin,
De comprendre, d’entendre d’où l’on vient,
On reproduit inlassablement, par tous les temps,
La douleur devient rancoeur, haine au fil du temps.

Elle a décidé de se protéger, elle a repris son cœur,
Elle est partie loin de cet homme, de ces frayeurs,
Parce qu’il ne peut comprendre, elle doit le quitter,
Parce qu’il ne peut entendre, elle doit s’en aller.

Et en elle monte une sourde colère,
Comme une vague lourde et primaire,
Son cœur hurle en un cri silencieux,
Dieu, aide-là à retrouver les justes cieux.

Elle aurait aimé le sauver lui,
Elle aurait aimé être sauvée par lui,
Elle veut lui dire qu’en son cœur il sera toujours,
Qu’il sache combien était grand son amour.
****
IMG_0276-1

Tendresse nocturne.

Tendresse nocturne.

Dans la paix de cette belle nuit,
Je repense aux êtres aimés trop tôt partis …
Sans tristesse,
Avec juste infiniment de tendresse.

Quel pourrait être le message,
De mes belles âmes, depuis leur paradis ?

Elles diraient regardez, profitez …
De la caresse sensuelle du soleil qui réchauffe les cœurs brisés,
De la lune généreuse qui apaise les peurs ancrées, illumine les généreux,
De la terre amoureuse et aimante qui nourrit toutes les âmes assoiffées,
Du vent mutin qui bouscule, chasse les tristes idées et fait virevolter,
De la mer amoureuse qui guérit et répare les moindres plis et replis de nos corps fatigués …

Ces âmes diraient encore, regardez … Les enfants …
Et leurs beaux yeux mouillés de sincérité, leurs bouches sucrées avides de conte de fées, leurs bras potelés accrochés à nos coeurs et l’amour infini de leurs regards couleur bonheur …

Regardez encore les gens dans la rue, dans la vie …
Comme ce vieil homme qui parle de sa femme partie avant lui, sans essuyer la larme qui roule sur sa grosse joue,
Comme ces amoureux, seuls, hors du temps, de l’espace, ne connaissant de la vie en cet instant que le miracle fou, Comme cette femme qui promène son sourire et appelle autour d’elle la douceur et la lumière de l’être.
Alors regardez, profitez …
Soyez, vivez … en paix ❤️
Kathy B.

Dualité.

Dualité.

Nous sommes tous des êtres humains,
Hommes ou femmes, mais en chemin,
Tous nous aspirons à cette lumière de l’être,
Qui partout devrait briller sur cette terre.

Mais l’on pense que nous sommes Un,
Pourtant nous sommes duels, masculin et féminin.

Le masculin est cette part en nous,
Qui nous fait tenir debout,
Il est la force, le courage,
La raison, la droiture, la rage.
Vibrez, sentez quand vous l’appelez,
Votre corps va se redresser,
Dans vos épaules, votre dos, vos os, il est l’épée plantée.
Il est le feu qui forge la flamme,
Il est relié à l’esprit et à l’âme.

Le féminin est cette part en nous,
Qui nous permet de ployer, pas de rompre sous les coups,
Elle est la douceur, la beauté,
La sagesse ancestrale, la sensualité.
Dansez, sentez quand vous l’appelez,
Le serpent dans votre corps va se délier,
Dans vos ventres, vos bras, vos doigts, elle est un souffle d’été.
Elle est l’eau qui apaise et guérit,
Elle est reliée au corps et au cœur qui frémit.

Ces deux énergies sont en chacun de nous,
Elles sont ce qui compose en nous le Tout,
Dans la colère qui gronde s’exprime le masculin,
Dans la tristesse qui inonde s’enroule le féminin.

Si nous prenions conscience de cela ?
De ces deux forces, ce n’est pas un combat,
Si nous leur permettions toutes deux d’exister ?
Juste en équilibre pour notre bien et pour nous compléter.

Et si nous prenions conscience de cela,
Il y aurait plus de paix, de joie,
En chacun le corps et l’esprit reconciliés,
Ceci peut-il être un secret de notre humanité ?
Pour que nous soyons tous beaux, magnifiques, incarnés.
****
Ph 26_l'amour

Chroniques d’une guérison impossible – J’ai appris.

Chroniques d’une guérison impossible – J’ai appris.

J’ai appris …

Plus de six mois se sont écoulés,
Six longs mois, à peine un souffle d’éternité,
Après une accalmie, les maux sont revenus,
Je ne suis pas guérie mais plus forte de ce vécu.

J’ai appris que l’on peut apprivoiser la douleur,
La laisser être, ne pas en faire un monstre de frayeur,
J’ai appris comment laisser s’échapper les peurs,
Les extirper de nos cœurs pour y loger la douceur.

J’ai compris combien il est important,
De se réconcilier avec son propre enfant,
Que cela a du sens, pour enfin s’aimer Soi,
Dans notre intériorité, enfin se pardonner Soi.

J’ai senti les douleurs écrasantes de cette humanité,
Que l’on ne peut juger de l’autre, qu’il faut le respecter,
J’ai souffert en mes chairs, en mon corps, en mon être,
Je peux me regarder bienveillante, redevenir mon maître.

J’ai appris que la mort parfois te prends un être aimé,
Que l’on ne sait plus vivre, il est trop dur de juste respirer,
Mais qu’un jour, au détour d’un chemin tu ressens,
Que tu peux marcher en paix, il est là, en ton cœur aimant.

J’ai appris le lâcher prise, a être libre, juste dans l’abandon,
Et cet instant où le Divin se penche sur toi avec affection,
Est un tel cadeau, l’univers et le cœur battent à l’unisson,
Quand l’Amour te transporte en myriades de vibrations.

J’ai appris que l’on peut donner mais aussi recevoir,
Qu’en toute humilité on peut le concevoir,
Car la force d’une main tendue, d’une amitié,
Est une arme pour que renaisse l’espérance partagée.

Je terminerai ces chroniques en vous disant,
Non je ne suis pas guérie, mais est-ce l’important ?
L’important, c’est l’espoir qui renaît chaque jour,
L’important, c’est l’Amour en nos cœurs pour toujours.
****
IMG_0053-1

Chroniques d’une guérison impossible – Novembre.

Chroniques d’une guérison impossible – Novembre.

Le cadeau.

J’avais lâché prise infiniment,
Je m’étais abandonnée intensément.

Et novembre est arrivé, moi et mon corps en miettes,
Sommes partis en voyage avec le cœur en fête,
En ce Maroc dont je pressentais sur ma vie l’importance,
L’Univers m’a comblée, apaisée avec indulgence.

Le premier jour, tout s’enchaîne comme par magie,
Comme si j’étais attendue par ces personnes, en ce pays,
Qui m’ont aidée, accueillie avec bonté et gentillesse,
Merci Rachid, toi le guérisseur empreint de sagesse.

Et ce fût comme un miracle, un tel cadeau,
Cette première nuit où j’ai dormi sans maux,
Cette impression que là, je pouvais lâcher mon fardeau,
Et que mon corps enfin, avait droit à un peu de repos.

Le second jour a été celui de la rencontre avec ces femmes,
Qui comme moi avaient senti cet appel puissant en leur âme,
Ensemble, nous avons fait ce long chemin vers le désert,
Et sur cette route, je t’ai enfin laissé partir, mon frère.

Le désert nous a accueilli avec splendeur et majesté,
C’est avec timidité que j’ai foulé le sable de mes pieds,
Sentir sa chaleur, son infinie douceur, comme un accueil,
Et de tant de beauté, une larme qui roule au coin de l’œil.

Et nous avons marché en silence dans le désert,
Nous avons vu le soleil se lever, se coucher en conscience,
Neuf femmes debout, fières, dans ce pays de bédouins,
Des femmes qui cheminent vers le meilleur, pour aller plus loin.

Et toi ma belle amie que j’aime chaque jour d’avantage,
Et ces paroles de femmes, ces échanges, ces partages,
Retrouver chacune en nous notre tendre féminin,
Et remercier de leur bienveillance les berbères marocains.

Et aussi, sous la voie lactée se poser, s’ancrer, méditer,
Se sentir poussière, si petite, dans cette immensité,
Et dans le même temps, importante, belle, essentielle,
Et entre sable, étoiles et ciel retrouver la paix et l’étincelle.
****
IMG_E0023-1.2.