C’est une femme pas malheureuse, enfin c’est ce qu’elle dit,
Mais en elle grandit un orage, sans accalmie,
Elle ne le montre pas surtout, et à tous elle sourit,
Pourtant chaque jour elle se détruit, petit à petit.
Elle dit, ça va aller, je n’ai pas à me plaindre,
Alors elle continue à vivre, à travailler, à peindre,
Mais pourquoi ce démon qui gronde, tapi en son ventre,
Ce jour elle sait qu’elle doit l’affronter, le faire sortir de l’antre.
Elle s’est posée, a médité, cette douleur là, pourquoi ?
Alors elle a plongé dans les profondeurs de l’émoi,
Elle a croisé la femme, l’adolescente et puis l’enfant,
Et elle a vu l’effroi, le désarroi de la fillette de trois ans.
Cette si jeune enfant est entourée de grands murs blancs,
Elle est malade et seule, abandonnée, isolée dans ce temps,
La tristesse la dévore et l’étreint de son manteau si grand,
Et elle, elle veut mourir, en vrai, quitter les grands murs blancs.
La femme pas malheureuse a pris cette tristesse d’enfant,
Est remontée à l’adolescente, à la femme de trente ans,
Et plus elle remontait, plus la tristesse grandissait,
Elle a débusqué le monstre tapi qui la dévorait.
Enfin elle a compris pourquoi elle ne sait juste rire,
C’est bien parce que toutes ces années, elle a voulu mourir,
Mais regarde, tu es belle, en vie, tu as survécu à tout cela,
Regarde en ton cœur, tu n’es plus seule, l’amour est là !
Elle ne sait pas ce que sera demain, mais son âme est en joie,
Elle a gagné cette partie, magie, le démon a volé en éclats,
Elle a porté sa tristesse si longtemps, par tous les temps,
Juste là, elle peut respirer et vivre l’instant présent !
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