Refermer la porte.

Refermer la porte.

J’ai rangé, emballé, tous tes maigres biens, Ph 50_la cinquantaine
Pris en main, nettoyé, tous ces petits rien,
J’ai tout mis en ordre, briqué, empaqueté,
J’ai balayé, lavé, jusqu’à ton odeur effacée.

L’homme de l’agence m’a dit c’est fini,
En moi a retenti une douleur, un cri,
Tu es bien parti, mon frère, mon ami,
J’ai doucement refermé la porte de ta vie.

J’ai voulu écrire seule ce dernier épître,
J’ai clôturé ta vie sur ce dernier chapitre,
Pour protéger les autres, nos chers aimés,
Ce fardeau lourd sur mes épaules j’ai porté.

Je te demande pardon d’encore te pleurer,
Je ressens ton absence en mon cœur fatigué,
Comment clore la porte derrière toi cette nuit,
Sans en être blessée, affaiblie et meurtrie ?

Je ne te retiens pas encore sur cette terre,
Vas, vole et danse, bel être de lumière,
Je sens ton âme, ton essence, ta caresse,
Vole mon frère, avec toute ma tendresse !
****

Pour Maureen.

Pour Maureen.

Je suis Tite, toute petite, petite fée,
Je songe à cette petite princesse dévastée,
C’est une jeune fille de juste vingt ans,
Mais, c’est presque encore une enfant !

Un mois tout juste qu’elle a perdu son père, son papa,
Au début, elle n’a pas compris, non, elle ne réalisait pas,
Comme une grande, elle a géré, été forte, il lui a appris,
Il lui a dit qu’il faudrait un jour vivre sans lui, sa propre vie.

Et puis une vague de fond l’a submergée,
L’a emportée comme un fétu, l’a terrassée,
Le temps ne s’était pas arrêté, elle est tombée,
Ce n’était pas un mauvais rêve, elle a crié …

Je ne veux pas …
Non, non, pas ça …
Je suis triste,
Je suis vide,
Tu me manques bordel,
Reviens …
S’il te plaît,
Reviens Papa …

Je suis Tite, toute petite, petite fée,
Je suis là, je vais te couvrir de baisers,
T’envelopper de tendresse, de caresses,
Laisse aller, laisse sortir la tristesse !

Je t’aiderai à ressentir la paix des souvenirs,
Je serai là, à chaque pas, pour t’aider à grandir,
Prends ton temps ma princesse, un ange veille sur toi,
Demain tu seras une femme et ton père sera fier de toi.
****
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L’amour comme langage.

L’amour comme langage.

Ils se sont rencontrés au détour d’une page,
Ils avaient tous deux déjà un certain âge,
Lui , blasé, écorché, ne croyait plus en rien,
Elle, si fatiguée, n’attendait, non, plus rien.

Il a pris sa main dans la sienne,
Elle la lui a abandonnée, sereine,
Sa grande main à lui était réconfortante,
Sa petite main à elle était toute confiante.

Il se sont aimés la première fois sans penser,
Sans penser au lendemain, juste un peu s’aimer,
Et puis lentement se sont installées l’alchimie, la magie,
Lentement s’est installé un commencement de vie.

Elle est fille de la lune, la terre, nocturne,
Il est fils de la lumière, le soleil, diurne,
Ils vont à deux déshabiller les vieilles habitudes,
Pour se parer ensemble de nouvelles certitudes.

L’amour est là, puissant, qui cogne en leur cœur,
Il est comme eux, beau, sincère, fait de douceur,
Ils se sont rencontrés au détour d’une page,
Ce soir ils écrivent l’espoir de l’amour comme langage.
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Anniversaire.

Anniversaire.

C’est mon anniversaire, Ph 38_la maladie m'a sauvée
Bien triste anniversaire,
Parce que tu n’es pas là,
Je ne rirai pas aux éclats.

Ce soir la tristesse m’étreint,
Elle me garde encore en son sein,
Je lui avait bien dit, c’est terminé,
Elle me rattrape, suis fatiguée …

Et le corps aussi craque, lâche,
La maladie oeuvre et se fâche,
Je voudrais juste de la douceur,
Et que l’on prenne soin de mon coeur.

Oui, encore, je vais me poser, respirer,
Laisser passer, accepter, encore respirer,
Mettre des onguents de vie sur mes maux,
Et envoyer valser au loin, les tristes mots …
****

Merci aux femmes.

Merci aux femmes.

Dédicace toute particulière à Catherine, mon amie, merci …

Ce soir je pense à vous, belles femmes,
D’orient ou d’occident, belles d’âmes,
Chaque parcelle d’étoile perçoit votre douceur,
Chaque galaxie d’infini reçoit vos si beaux cœurs.

Dans cette tourmente, cette tempête, ce tsunami,
Vous toutes m’avez bercée de vos puissantes énergies,
Vous toutes m’avez donné la force de ne pas renoncer,
Et encore, encore une fois, pour et par vous, de me relever.

Si belles femmes qui endurez mais redressez la tête,
Qui souffrez en vos corps et cœurs mais le sourire en fête,
Quel courage, quelle volonté vous pousse, vous anime, vous habite,
Pour toujours avancer, pied à pied, sans masques et sans rites?

Je nous vois dans une belle et grande ronde,
Toutes ces belles avec leur force portant le monde,
Pour ce que les femmes portent en elles, mère, terre,
Il n’y a pas assez de jours pour elles en cette ère.

Vous toutes, sachez que vous êtes l’avenir, l’humanité,
Votre fragilité est votre force, vos épaules frêles sont armées,
Alors toutes ensemble, de nos pieds ancrés battons la mesure,
Pour qu’en ce monde la paix, la compassion, l’amour … perdurent.
****

Ph 30_éternelle

Manteau de tristesse.

Manteau de tristesse.

J’ai revêtu un grand manteau de tristesse,
Il  est collé  à moi, triste, si triste  caresse,
Je voudrai  le quitter, il s’accroche tenace,
La tristesse m’étreint, elle prend toute la place.

C’est une grande, une immense déchirure,
De laquelle suintent rages et colères impures,
Je cherche ma belle sérénité, ne la retrouve pas,
Je suis toute abimée, les morceaux, ne se recollent pas.

Mon frère, je t’ai vu dans le soleil là-haut,
Et aussi dans ce vol féerique d’étourneaux,
Je t’ai senti libre et en paix dans ta lumière,
Pourquoi mon coeur ne peut se consoler de ton non-être?

Alors viens en mon coeur mon frère, viens m’aider,
Viens me visiter dans ce temps, viens me sauver,
Je t’en prie, rassemble les morceaux de mon coeur tout brisé,
Je sais que nous sommes liés encore, à jamais, et pour l’éternité.

Et il y a l’homme que j’aime, que tu aimerais tant,
Il va venir et m’enlacer dans ses bras de géant,
Il va me retirer ce grand manteau de tristesse,
Et me revêtir de rires, de douceur, de tendresse !

Et là vont revenir la joie, la paix et le bonheur,
Toi tu seras à jamais arrimé, protégé en mon coeur,
Oui je vais doucement, comme une enfant, accepter,
Infiniment doucement, pour à nouveau vivre et aimer !
****

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Le deuil.

Le deuil.

Il est dit que l’on prend le deuil,
Comme on cueille une feuille,Ph 34_tristesse
Moi c’est lui qui m’a prise,
Choquée, assommée, surprise.

On est venu me voir les yeux tout embués,
Pour m’annoncer la dure, la triste réalité,
Non, non, la tête ne peut l’accepter,
Non, le cœur ne veut se refermer …

Et je ne pouvais plus juste respirer,
Est-ce vrai ? Je ne peux plus bouger,
Pliée en deux, brisée, envie de crier,
Le deuil m’a pris dans ses griffes acérées.

Et là monte une sourde douleur,
De mes entrailles, une telle frayeur,
La colère s’en mêle, non pourquoi,
Prenez-moi à sa place, plutôt moi !

Le deuil me prends, je ne suis que tristesse,
Il me retient encore, ce sans délicatesse,
Lâche-moi je t’en prie, il me faut encore vivre,
J’ai besoin d’être en  paix pour le laisser partir.

Devant cette prière, le deuil s’est écarté,
Laissant la place à la lumière, renouvelée,
Car il est bien en paix, mon tendre frère aimé,
Même si demain … je peux encore chuter !
****

 

Mon frère aimé.

Mon frère aimé.

Mon doux, mon tendre, mon frère aimé,
Tu es parti sans me le dire, tu m’as laissée,
Je ne suis que larmes salées, hébétée, dévastée,
Comment me relever sans toi, juste accepter ?

Mon doux, mon tendre, mon frère aimé,
Tant de secrets, de joies, de peines, partagés,
Et puis aussi l’amour, la peur, tant de douleur,
Je t’offrai mon cœur, ma force et ma douceur.

Mon doux, mon tendre, mon frère aimé,
Tu étais un grand sage dans ce monde délabré,
Toi qui as tant souffert, ne pensait qu’à donner,
Ta parole de juste a toujours su tout pardonner.

Mon doux, mon tendre, mon frère aimé,
Oui je vais accueillir, me calmer, me relever,
Laisse moi un peu, juste un peu te pleurer,
Ca fait si mal, tant de chagrin m’a fait tomber.

Mon doux, mon tendre, mon frère aimé,
Je te laisse partir, enfin, je te laisse voler,
Lâche ce corps meurtri, abîmé, cabossé,
Va mon ange, en moi toujours ta lumière va briller.
***
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Lâcher prise.

Lâcher prise.

Il est hors du commun, une belle âme,
Un guide sage, pris au piège des larmes,
Il est perdu, ne sait plus, en a perdu sa foi,
Je suis triste, il a perdu son cœur, sa joie.

Elle est jeune, jolie, ne comprends pas,
Ne comprends pas tout de ce monde là,
Tant de bassesse, vulgarité, méchanceté,
Pourquoi si peu d’amour, de paix, de bonté?

Aide-moi mon âme, plonge au fond de leur cœur,
Pour faire un pied de nez au malheur, à la peur,
Et qu’ils lâchent prise, qu’ils retrouvent le bonheur,
Montre à ces beaux cœurs que la vie est couleur !

Je suis Tite, toute petite, petite fée,
J’ai envie de vous dire, enfin osez,
Quelle chance vous avez, profitez,
Hommes, femmes, lâchez prise, aimez !
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Lettre à ma mère.

Lettre à ma mère.

Toutes ces frayeurs d’enfant étalées au grand jour,
Et mes douleurs de femmes imprimées pour toujours,
Toi, ma mère qui m’a lue, qu’as-tu pensé,
De ce que les épaules de ta fille ont porté?

Je pense à notre lignée de femme, de Marie,
Belles d’âmes qui veillent depuis leur paradis,
J’ai plié sous mon fardeau, tu as porté le tien,
Tu as fait au plus juste, c’était bien mon destin !

Tu m’as fait ce cadeau, ta force, ta droiture,
Cet héritage de mère en fille, cette posture,
Cette volonté farouche, ne jamais abandonner,
Au pire de la tourmente, toujours se relever !

A la lecture de mes mots, ne courbe pas le dos,
Car au-delà de ces maux est ressorti le beau,
Je suis ta fille, une femme et de toi une parcelle,
Je te remercie, pour ce don, cette étincelle …

Alors repose toi ma mère et sois enfin sereine,
Je suis cette femme là grâce à toi, tu es ma reine,
Issue d’une lignée de femmes étonnantes et rebelles,
Sois fière que grâce à toi, je sois devenue … belle !
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Ph 29_faire silence