Je me libère.

à la UneJe me libère.

Je t’ai aimé si fort,
J’aurai cherché de l’or,
Je t’aurai tout donné,
Tu n’as pas su en grand, aimer …

Oui je te pleure, c’est ainsi,
Sans doute es-tu triste aussi,
Mais la confiance est bafouée,
Vois-tu, je ne peux l’accepter.

Alors je me libère de ton amour qui sonne faux,
Je me libère, trop longtemps j’ai courbé le dos,
Il y a une chose qui me sauve de mes sanglots,
C’est mon cœur grand ouvert, ce n’est pas le chaos .

Et je vais continuer sur mon chemin sans toi,
Sécher mes larmes, je sais que tu ne comprends pas,
Que l’amour de Soi, l’amour du Tout me sauvera,
Puisses-tu le vivre, mon bel aimé, rien que pour toi !
****
Ph 38_la maladie m'a sauvée

Lumière.

Lumière.

Redif. septembre 2019

Je suis allée me promener au bord de la mer en fin d’après midi. C’est un grand privilège de pouvoir le décider et d’y être quinze minutes après !
Et là, sur la plage désertée, j’ai respiré profondément la mer, humé le vent. Le soleil m’a parlé par ces rayons dorés caressant la fin du jour, de cet instant parfait.
Ce texte est dédié à toutes les femmes qui marchent, qui cherchent, qui se battent de par le monde pour rendre celui-ci meilleur. Et merci aux hommes qui savent éveiller, voir chez la femme, le beau, l’intense, le vrai.

Le soleil et la mer se sont penchés sur toi ce jour.
Ils sont venus tout près de ton oreille, t’ont murmuré :
Va, marche, toi la Femme, la Mère, l’Amie, l’Amante.
Respire et marche !
Il y a deux énergies en ce monde merveilleux,
Le sais-tu ? Il te faudra choisir l’une des deux,
La Peur qui réduit,
L’Amour qui grandit.

Alors va, marche, toi la Femme, la Mère, l’Amie, l’Amante !
Décide maintenant d’abandonner la Peur,
Décide maintenant de rencontrer l’Amour,
L’Amour en toi, l’Amour de toi.
Et vois, la lumière qui brille là, pour toi !
****

****

Merci à vous les amis qui passez par là et qui déposez quelques mots toujours bienveillants. Je vous offre toute ma tendresse ❤

Accepter de tomber.

Accepter de tomber.

Quand je peins et écris, très souvent, c’est le texte qui attire, qui fait naître le dessin. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le tableau s’est imposé comme une évidence dans son abstraction et l´imagination s’est déroulée ensuite avec affection. Je vous raconte ? Et vous, que voyez vous ?

****

****

Nous avançons sur nos chemins de vie courbés, pliés sous le poids des jours et des habitudes embrumées. Le ciel, un temps coloré de mauve, à viré au gris sous le poids des tempêtes rougies. Les jours se suivent sans étincelle car ainsi pliés nous ne percevons que le bout de nos semelles qui avancent sur une terre aride, aigrie. Avec amertume, sans beauté, sans fierté, nous nous enfermons dans l’ennui, dans l’oubli.

Parfois quelques larmes s’évadent, minuscule signal de détresse, elles sont vite essuyées et dans un sourire nous affirmons « Moi ? Je vais bien ! ». Nous ne saurions dire ce qui bouillonne, ce qui crée ces picotements sous nos âmes dociles.

Tout cela n’est il pas futile ?

Non ce n’est pas futile de sentir cette lame de fond qui nous attire vers l’abîme. Tout ce qui est brisé en nous appelle à l’aide. Il n’y a qu’en acceptant de tomber que nous pouvons entendre le cri des blessures pour patiemment les panser, les soigner, les envelopper d’amour. Pour qu’enfin, nous puissions nous relever, acceptons de tomber, acceptons de nous aimer !

Et puis un jour une nouvelle aube se lève, différente, transparente et l’on redécouvre le soleil précédé par une nuée d’étoiles brillantes. Et cette merveille-là chasse les sombres nuages, cette merveille-là, cette aube qui se lève, réveille quelque chose en nos cœurs, quelque chose de chaud, de doux, d’intime qui laisse émerger le bonheur, du moins un petit bout, translucide comme ce matin, se répandant comme un mirage sans chagrin.

Et sous nos pieds, dans ce terrain fertile, une nouvelle graine de lève dans un vertige, elle commence à y croire à du mieux en elle, pour elle et elle s’élève encore un peu vers ce soleil qui a repoussé au loin les rides d’ennui, les larmes enfouies et les monstres tapis.

Acceptons de tomber. Arrêtons d’avancer courbés, pliés. Laissons, dans cette chute, se fracasser les entraves, les enclumes. Acceptons de mourir. Une fois au sol, il suffira de lever les yeux pour voir ce que tous nous cherchons désespérément : cette lumière, cette étincelle qui fait germer la belle graine qui est en chacun de nous.

Acceptons de tomber, acceptons de nous aimer …

****

Cela a été une longue et nécessaire absence. Et je suis toujours surprise de voir que mes textes et mes tableaux continuent à vivre sur la toile, sans moi. N’hésitez pas à commenter, il n’y a pas de mauvais commentaire, de mauvais ressenti. Merci à vous chers amis ❤️

Question aux bloggeurs

Question aux bloggeurs

Bonjour chers amis bloggeurs et facebookiens !

C’est une longue absence mais je ne vous oublie pas. J’ai ce besoin de revenir en moi, pour moi, sans contraintes ni culpabilité. Je me confine dans le confinement. J’essaie de revenir à l’essentiel, l’essentiel du corps qui ressent, qui bouge, qui respire. Je suis l’enfant qui apprends à vivre, à découvrir les trésors infinis qui sont en lui et les montagnes immaculées qu’il lui faudra gravir. J’en perds les mots et l’esprit, il ne reste que le ressenti. Parfois encore douloureux. Il est nécessaire de laisser Être la douleur de la petite fille abusée et meurtrie, de la femme abasourdie. Et même si elle est féroce, toutes griffes dehors, je la laisse se manifester, me traverser pour qu’elle rapetisse et s’évanouisse. Je refuse qu’elle reste tapie en mon ventre à vie. Je suis dans le présent, dans chaque bourgeon qui éclot au creux du jardin, dans chaque respiration bleutée du ciel, dans chaque son qui palpite et frémit, dans chaque larme étonnée qui jaillit, dans mon cœur qui, comme un tambour, sonne, résonne, puis murmure « Aime toi enfin ». Et dans cet espace, tout va bien.

J’espère que vous allez bien aussi !
Ah, j’allais oublier, j’ai une question pratique pour les pros de WordPress. Comment fait on pour ne pas être envahi de notifications par mails ? Chaque parution, commentaire ou réponse à un commentaire génère un mail … ça déborde ! Merci pour votre aide 🙂

Prenez soin de vous, et restez à la maison !
Affectueusement,
Kathy.

Pauline et Marine.

Pauline et Marine.

Pauline et Marine sont sœurs jumelles. Á cinquante ans elles vivent ensemble, parce que c’est plus pratique et plus économique et puis aussi parce que ni l’une ni l’autre ne s’est mariée. Il y a bien eu ce jeune homme au cheveux ébouriffés et blonds comme les blés qui longtemps à fait la cour à Marine. Elle n’a pu abandonner Pauline.

Ce matin, branle-bas de combat … Sur la terrasse gît un rat, un vrai rat, velu, énorme ! Couché sur le flanc il répand une odeur grise, nauséabonde et fétide. Il est gros mais pas gras, allongé sur la terrasse en bois, on pourrait presque croire qu’il pique un somme. Mais non il est bien mort, cela se voit dans son œil morne et atone.

Pauline l’a vu la première. Elle pousse un hurlement à en réveiller les rats gisants qui fait accourir Marine.

Pauline : Ô mon Dieu et tous les Saints protégez nous ! (Elle se signe trois fois) Tu as vu ? C’est horrible, qui a fait ça ? Ahhh … Je suis sûre que c’est le voisin avec ses méchants yeux de lapin, il nous en veut c’est sûr, il l’a déposé là ! Peut-être même qu’il nous a jeté un sort ? Oui c’est surement ça … Seigneur protégez-nous ! J’y pense, il l’a surement infecté avec le Covid-19 lui et sa grosse tête d’œuf ! Voilà c’est sûr maintenant, nous allons mourir !

Il faut vous dire que Pauline est un peu stressée par ce confinement … Et que de toute façon elle voit toujours le pire et le verre à moitié vide !

Marine : Voyons calme toi ma chérie ! (sourire en coin)

Pauline : comment pourrais-je me calmer ? C’est sûr cette fois nous allons mourir de la peste et du Coronavirus mélangés dans d’atroces souffrances et seules au moooonnnnde ! (Sanglots et trémolos)

Marine : Mais comment fais tu pour te mettre dans des états pareils ? Tu sanglotes, Tu syncopes, et en plus t’es bigote !

Pauline : (le ton monte dans les aigus) Comment je fais ? Ah elle est bien bonne celle-là ! Mais enfin souviens toi de Maman qui était si malheureuse, qui n’arrivait pas à vivre et qui, je te le rappelle, est morte de cet affreux cancer qui l’a rongée, détruite, tuée ! Comment ça se fait (hoquet) que je sois ainsi ? C’est quand même simple, j’ai regardé Maman !

Marine : Allez assieds toi et respire ! Je sais moi comment ce rat est arrivé là.

Pauline : ?????

Marine : Oui je ne dormai pas, je suis descendue boire un verre d’eau, j’ai tout vu ! Cette nuit, sous la lune en émoi, le chat a rencontré le rat. Ces deux là ne sont pas amis je crois. C’est là un terrible constat ! Une course folle s’est engagée, du rat, du chat qui va gagner ? Le chat est agile et rusé, le rat est rapide et futé … Le chat bondit pour attraper sa proie, le rat contourne la clôture en bois, le chat souffle, miaule et râle … Le rat confiant danse sous les étoiles. Mais d’un coup de griffe acérée, le chat l’a transpercé, le rat est tombé là.

Pauline ouvre des yeux ronds comme des billes, sa mâchoire en tombe de surprise !

Marine : Tu vois, tu n’as pas à te faire de soucis, ni à échafauder mille plans plus sinistres les uns que les autres. Laisse le voisin tranquille et Dieu aussi par la même occasion. Il y a des gens bien plus malheureux que nous, des gens vraiment malades et seuls, des gens qui travaillent jusqu’à l’épuisement !

Pauline : Mais comment fais tu pour rester calme et sereine, pour ne pas avoir peur de tout, surtout en ce moment ?

Marine : C’est simple …. J’ai regardé Maman !

****

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde » Gandhi

****

Pardon pour la mise en page un peu brouillon, je n’ai pas d’ordinateur en ce moment ! Texte librement inspiré d’un conte lu il y a quelque temps dont je ne sais plus qui est l’auteur.

N’hésitez pas à commenter, prenez soin de vous ! Affectueusement, Kathy.

Ailleurs …

Ailleurs …

Tout en elle la réduit au silence.

Ne la cherchez pas, vous ne la trouverez pas. Elle est dans un ailleurs dont peu de gens peuvent comprendre l’odeur, la moiteur, la teneur. On pourrait la croire hautaine, elle est en fait craintive, elle ne sait expliquer et elle a peur de déranger ; peut-être a t’elle juste peur de ce qui se trame en dedans, juste en elle ?

Elle a besoin de cet ailleurs, monde perdu entre les mondes, où seule avec elle-même, dans un silence assourdissant, elle lèche et panse ses indécentes plaies. Elle a déjà moins mal, certains jours le soleil perce même la brume de ce monde fossoyeur où elle doit abandonner toute résistance, accepter ce qui ne peut être changé, se laisser mourir enfin pour mieux renaître, Phoenix débarrassé de ses cendres.

Quand tout s’écroule, quand le Tout est intolérable, l’on se retrouve dans ce monde entre les mondes. Et là, avec patience, il faut reconstruire ce qui est cassé, pierre après pierre, rebâtir la maison qui vient de s’effondrer dans un séisme fracassant.

Ce sera une maison posée sur l’eau, toute vitrée, sans volets et sans clé. Un érable rouge, majestueux poussera en son centre, y diffusera sa belle harmonie. Le toit sera fait de parcelles de voie lactée. Les murs seront composés de nuages dentelés et laisseront passer les rêves argentés. La maison sera ouverte aux amis d’un jour, aux passants de toujours, où tous, autour d’un repas improvisé arrosé de vin de pays, pourront palabrer jusqu’aux confins du jour, de la vie, de philosophie, de poésie et puis d’amour.

Ne vous inquiétez pas pour elle.
Elle est occupée.
Elle reconstruit sa maison effondrée …

****

Merci pour votre amitié et votre fidélité.
N’hésitez pas à vous manifester et à commenter 😉
Kathy.

Comment je vais ?

Des amis me demandent quasiment chaque jour comment je vais. Difficile de répondre à cette question en un mot … Je tente de vous répondre ce soir.

Comment je vais ?

Je suis au fond d’un puits empli de noirceur, d’odeurs nauséabondes, sans couleurs, sans chaleur. Au fond de ce puits noir et sans vie, je recolle les morceaux d’un puzzle où chaque pièce que je prends en main et en conscience est plus terrifiante que la précédente. C’est ainsi, je dois reconstituer l’ensemble et en faire un tableau. Je pourrai abandonner, décider que cela suffit et continuer de vivre avec cette brûlure dans chaque repli. Car si mon esprit a oublié, disjoncté durant des années, mon corps a engrammé chaque détail de cette agression. Et chaque nuit ce corps me livre chaque bout de terreur, chaque parcelle de douleur, sans qu’un centimètre carré de peau ne soit épargné.

Oui mais, comment je vais ?

Alors, au fond de ce puits noir je choisis de recoller les morceaux de ces instants terrifiants de ma vie. Car chaque morceau qui reste englué dans la chair est un poison qui se multiplie, prolifère et se répand en chaque cellule de l’être. Vous allez penser que je suis maso ! Non, c’est la seule façon de remonter, de sortir du puits : recoller les morceaux, reconstituer le tableau, le regarder bien en face, ne plus laisser ni l’homme ni les images me posséder, me dire que je peux faire ce choix, que j’en suis capable et que j’en ai le droit.

Alors, comment je vais ?

Bientôt le puzzle sera entier. Là j’aurai alors assez de force et de courage, je donnerai un grand coup de pied qui me propulsera hors du puits. Et je ferai un grand feu de joie, j’y brûlerai le tableau de ce bout de vie qui aura hanté mes jours et mes nuits. Je pourrai enfin sentir la caresse du soleil, saisir le parfum des fleurs, me laisser bercer par le vent et plonger avec délice dans les eaux apaisantes de l’océan.

Comment je vais, vraiment ?

Le désespoir a laissé la place à l’espoir. Il est encore petit, minuscule mais il brille joyeux. L’espoir de jours où le feu purifie, où la peur ne règne plus en maître, où l’ombre laisse la place à la lumière, où la vie reprends ses droits, tout en couleur et en douceur.
L’espoir me dit qu’il y a un meilleur et qu’il m’attend.

Alors je vais bien.

****

Merci à tous les amis qui demandent si souvent de mes nouvelles. Cela me touche profondément. Votre amitié est un baume parfumé et bienveillant qui me donne la force d’avancer. ❤
Kathy.

Femme libre.

Femme libre.

Elle a été abimée, abusée, violentée,
Par cet homme qui aurait dû la soigner,
Des années elle a tout oublié, contrôlé,
Un jour, le voile du déni s’est déchiré.

Elle a vécu comme à côté, hors de son corps,
Elle ne sait pas être aimée, elle est en dehors,
Elle veut de toutes ses forces vivre, s’ouvrir,
Pour enfin arrêter de gémir, souffrir, mourir.

Elle a pris son courage à deux mains,
Elle a puisé en sa force loin, si loin,
Pour revenir dans le corps de l’enfant,
Plonger dans ce cloaque sale, avilissant.

Elle a remonté son fardeau du néant,
L’a porté jusque dans la forêt en criant,
Elle l’a déposé dans un trou en hurlant,
Elle s’est redressée, regardant loin devant.

Aujourd’hui j’entend son rire en cascade,
Ce rire magique fait de perles en myriades,
Son visage s’illumine, son corps se délivre,
Elle va enfin vivre, être femme, enfin libre.

****

****

Merci à vous les amis de votre fidélité malgré le fait que je sois moins présente !

Vœux – aller mieux.

Nous sommes le 1er janvier 2020, déjà ! Le temps file et je sais que cela fait un moment que je ne suis pas venue vous voir. Pardonnez-moi mais bon, comme chacun de vous, je fais du mieux que je peux et c’est déjà bien 😉
Les mots ne sortent pas où sortent dans le désordre, se rabougrissent, se rétrécissent où sont trop tristes alors je dessine. Juste un petit texte quand même pour vous souhaiter une très belle année !

****

****

Il est des jours et des nuits à venir,
Il est des nuits et des jours à venir.

Pour tous ces jours à venir,
Je nous souhaite la joie, le rire, de vouloir courir, sourire, de secourir peut-être, de rougir, de rugir. Je nous souhaite des chants d’oiseaux moqueurs, de ne plus avoir peur, de sentir dans nos âmes la grandeur, d’être acteurs et plus spectateurs, l’espoir et l’amour cloués au cœur, de voir la beauté, d’abuser de la bonté. Je nous souhaite de prendre le temps, de ne point trop travailler, de respirer, de méditer, de trouver la sérénité et de ne surtout pas oublier d’aimer.

Pour toutes ces nuits à venir,
Je nous souhaite des bateaux ivres, emplis de livres, d’envie de vivre encore demain. Je nous souhaite des nuits de douceur sans pudeur, de passions sans raison, de caresses en tendresse. Je nous souhaite de pouvoir nous poser en affirmant que la journée a été radieuse, merveilleuse, que tout est à sa juste place, que nous ne pouvions pas faire mieux, même si l’on est vieux. Je nous souhaite d’enfin dormir en paix.

****

Résultat de recherche d'images pour "joyeuse année 2020"


La vie, la mort.

La vie, la mort.

Il fait froid. Je n’aime pas avoir froid.
C’est un froid humide et venteux, de celui qui vous pénètrent les os, qui s’insinue dans le dos, de celui qui nous ferait croire que même la vie n’est pas assez forte pour retenir la chaleur dans l’âtre, de celui qui nous ferait croire que la mort rôde et flâne.

****


La mort rode et flâne,
Autour d’elle tout se fane,
Elle prends son temps et sans répit,
Détruit toute espérance de vie.


Elle a tourné autour de mon âme si longtemps,
Je m’étais recroquevillée hors de l’espace, du temps,
Mais en mon cœur brillait encore une minuscule lueur,
Qui me disait résiste, avance, malgré le brouillard, la douleur !


Et puis la mort a pris mon frère aimé,
S’est dit cette fois, elle va s’écrouler,
La lueur va s’éteindre et je vais l’emporter,
C’était sans compter sur l’Amour, divin, sacré.


Et j’ai dansé avec la mort,
Elle me tenait à bras le corps,
Elle m’entourait de ses liens mordorés,
L’Amour a tranché les liens trop serrés.


La mort s’est écartée devant cette femme sacrée,
Par la lumière aveuglée, est repartie vers d’autres contrées,
Je suis épuisée, mais la petite flamme est devenue brasier,
C’est une renaissance, et la vie, la vraie vie va s’installer !

Danser avec la mort – Mai 2017

****

****

Le même poème, en audio.

****

Non, je ne suis pas dans la tristesse. La mort fait partie de la vie. Je l’ai croisé peut-être plus souvent que d’autres. Je suis une survivante.
Toute petite, quand mes poumons malades ne voulaient plus respirer, j’ai eu la conscience de sa présence, je sentais son souffle glacé tout près, à l’affût.
A sept ans, quand cet homme a tué mon enfance, mon innocence, alors qu’il était en moi, qu’il me ravageait le corps et l’âme, entre douleur et sidération, je l’ai appelée de mes vœux.
Et quand elle est venue chercher mon petit frère, le double de mon cœur, moi hébétée, folle dans mon chagrin, je lui ai dit, viens, viens me prendre moi !

J’ai écrit un jour que la mort me fascinait. En fait ce n’est pas cela. Comment aimer la vie sans la conscience de la mort ? C’est la force de vie qu’il faut pour la repousser qui me fascine, cet instinct si puissant, qu’encore, encore on continue, malgré la maladie, malgré la souffrance, malgré tous les chagrins, on continue, on s’accroche à ce minuscule bout de vie, parce qu’il est notre précieux.

Dans chaque minuscule bout de vie est blotti l’Amour, cette merveille, cette flamme, ce mystère inexpliquable qui fait que parfois l’Homme est grand, et que pour tous ceux qui y veillent, un jour la vie se couvrira de milliers d’étincelles !

Kathy B.