Chroniques d’une guérison impossible – Août.

Chroniques d’une guérison impossible – Août.

La Déconstruction.

Août est arrivé, je me suis cloîtrée,
Enfermée à double tour, pour méditer,
J’ai voulu nettoyer mon esprit, sans concessions,
Revisiter toute ma vie, ce fût une déconstruction.

J’ai aperçu la petite fille de trois ans,
Seule, si seule, entourée de murs blancs,
Effrayée, apeurée, ne comprenant pas,
Pourquoi Papa, Maman, m’avez-vous laissée là?

J’ai revu l’adolescente en colère,
Comme en faillite, en jachère,
Son envie de crier, de hurler,
Se trouvant laide, pas aimée, rejetée.

Et j’ai revu ma mère au bord de tous ces trains,
Ses yeux si tristes alors qu’elle m’envoyait si loin,
Ses mains tendues comme pour quémander un pardon,
J’ai compris que non, ce n’était pas un abandon !

Je me suis construite comme une herbe folle,
Dans des sanatoriums, dans de fausses écoles,
J’ai mis à bas tout ce décor de pacotille,
Que pour survivre j’avais construit petite fille.

J’ai plongé profond, dans l’océan de mes peurs,
Peur de mourir et peur de vivre, tant de frayeurs,
Je les ai laissées remonter telles des bulles de savon,
Elles se sont évanouies dans l’amour, le pardon.

Enfin je suis allée voir mes ancêtres,
D’eux je suis issue, en ma chair et mon être,
J’ai coupé les liens trop lourds d’attachement,
Ceux qu’ils m’ont transmis en mes gènes et mon sang.

Et j’ai pansé toutes ces blessures, ces fêlures,
J’ai versé un baume de douceur sur mes cassures,
Pour être en paix, laisser en arrière le passé,
Et pouvoir enfin, à l’instant présent me consacrer.
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Chroniques d’une guérison impossible – Juillet.

Chroniques d’une guérison impossible – Juillet.

La douleur.

Ce trois juillet, je jette au feu tous les médicaments,
Ceux qui m’ont donné l’illusion de dormir un certain temps,
Il n’y a pas de retour possible, je n’ai guère le choix,
Vivre ou mourir, choisir de vivre, telle est ma voie.

Très vite, s’installe la douleur,
Pas un instant pour me saisir de la peur,
Très vite, je ne contrôle plus rien,
La douleur me dévore tout le corps, elle a faim !

Je ne peux juste plus penser,
Je la laisse être, me happer,
En chaque muscle, nerf tétanisé,
Elle s’installe, croit qu’elle a gagné.

Mais il y a la mer tout près, accueillante,
Je m’y jette à toute heure, elle si bienveillante,
Elle apaise la lourdeur de ce corps tout en rage,
Et un instant j’oublie, juste le temps d’une nage.

Et puis il y a ma mère, qui veille bien qu’effrayée,
Qui me trouve au matin le corps bloqué, recroquevillé,
Tout en amour, les larmes aux bords des yeux, elle va me déplier,
Et parce que je suis son enfant, doucement elle va me border.

Cette douleur ne savait pas la force d’une femme,
Jour après jour, je l’ai laissée me brûler de sa flamme,
Patiemment je l’ai laissée me malmener, me consumer,
Elle a fini par s’essouffler, je l’ai apprivoisée.

En cette fin de juillet je sais qu’enfin je la maîtrise,
Oh, elle est toujours là, mais nulle peur ne l’attise,
Je peux à nouveau respirer, réfléchir et penser,
La douleur m’a fait plier mais ne m’a pas fait chuter.
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Possible, Impossible ?

Possible, Impossible ?

Enfin je me sens plus légère et je reprends la plume,
Après ce voyage initiatique dans le désert, sur les dunes,
Je reprends les pinceaux, les crayons, les doigts s’agitent,
La joie s’invite en mon être, le cœur bat plus fort, palpite.

Certains d’entre vous savent cette maladie,
Dite incurable, qui depuis quatre ans, sans répit,
Me prive de sommeil, toutes les nuits, sans accalmie,
Pendant quatre ans, tu m’as privée de la joie, de la Vie !

Pourtant tu m’as appris à me poser, à méditer,
Tu m’as appris qu’il existe une autre voie pour soi, la vérité,
Que je peux être moi sans fards, en être fière,
Tu m’as appris que rien, ne vaut un cœur plein et ouvert.

Mais j’ai assez souffert, j’ai ce droit pour moi au bonheur,
Je vais te lâcher toi maladie et ton cortège de douleurs,
Il m’aura fallu cinq mois mais j’ai cru en l’Amour, en tous les possibles,
Et bientôt je vous conterai « Les chroniques d’une guérison impossible. »
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Bientôt un an.

Bientôt un an.

Bientôt un an mon frère, un an,
C’est si long et un souffle d’instant,
Et souffrir tant et tant,
Cela des mois durant …

Et un fils qui s’en va,
Un amour qui fait mal,
La maladie s’emballe,
Tenter de faire un pas.
Entamer un sevrage,
Le corps tout en rage,
Et souffrir tant et tant,
Cela des mois durant …

Ce soir, à l’ombre de la lune, c’est une telle évidence,
J’ai laissé la porte ouverte à la désespérance,
J’ai fui les chants, les rires,
Je refusai … de juste vivre.

Mes yeux se mouillent encore souvent,
Je sais que tu es là, oui, je t’entends,
Ouvrir mon cœur en grand,
Ici et maintenant !
Y croire encore,
Se relever encore,
Lâcher cette souffrance,
Et croire en l’espérance.

Bientôt un an mon frère, un an,
C’est si long et un souffle d’instant !
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Tu es importante.

Tu es importante.

Je suis de celles qui racontent,
Des histoires tristes, gaies, des contes,
Qui parlent d’amour, d’amour de soi,
C’est important l’amour, l’amour de toi !

Aujourd’hui je conte ton histoire, entends cela,
Tu es importante, crois-en toi, n’oublie jamais ça,
Et prends conscience de ta valeur, de ton unicité,
C’est ta part, qui parfois sommeille, de Divin, de sacré.

Je vois des sourcils se dresser, je n’ai rien de sacré,
Mais n’as-tu jamais ressenti ces jours particuliers,
Où tout est fluide, évident, c’est la vie qui te porte,
Tu te sens si bien, tu es fière de toi et plus forte …

Cette étincelle de divin est notre humanité,
Pour la sentir, il faut être soi, en authenticité,
Dans un simple battement de cœur inspire,
Entends ce qui se passe en toi, respire !

Alors écoute, écoute en toi cette toute petite voix,
Et tu toucheras à l’essentiel du sacré, juste en toi,
Ressens ton cœur battre, se gonfler, palpiter,
Laisse le prendre toute la place et te contaminer.

Et là, tu vas commencer enfin à t’aimer toi,
Sans orgueil, c’est comme une caresse de soie,
Parce que tu le mérites, chacun mérite cela,
Tu es importante, crois-en toi, n’oublie jamais ça.
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Les murs.

Les murs.

Nous portons tous des carcans, des armures,
Pour nous protéger de nos profondes blessures,
Nous avons construit de si hauts murs,
Pour ne pas voir la fêlure, la cassure …

Comment détruire les murs de nos prisons,
Murs érigés avec nos peines d’abandon,
Nos peurs de rejet, toutes nos peurs d’enfant,
Murs renforcés par l’éducation, les parents.

Pourtant ces parents, ils ont fait de leur mieux,
Mais ils nous ont transmis leurs peurs par les yeux,
Il faut un jour briser cette lignée, avoir conscience,
Des pierres amassées qui ne sont pas notre réelle essence.

C’est ainsi, il faut sentir en soi les blessures,
Pour démonter et casser nos vieux murs,
Et laisser tomber les carcans, les armures,
Rejoindre, toucher, l’origine de la fêlure.

Alors, ouvre ton esprit, ouvre grand ton cœur,
Et vois en tes entrailles, là où vivent les peurs,
Laisse-toi traverser par elles, revis-les, ressent-les,
Lâche tout, laisse enfin le volcan s’embraser …

Tu vas pleurer sans doute, n’aie pas peur, ça va aller,
Lâche tout, et enfin tu peux inspirer, expirer,
Parce que tout se calme, en toi grandit l’Amour,
Sens-le dedans, dehors et sur le pourtour !

Et une grande paix en toi va s’installer,
La conscience même en est libérée,
Et ce chemin difficile que tu as emprunté,
T’ouvrira les portes de ton âme, de la félicité.
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S’ouvrir.

S’ouvrir.

Tant de nuits de chaos,
De ce corps sans repos,
Tant de douleurs traversées,
Et de fatigue accumulée…

Elle s’est longtemps posée, a médité,
Pour nettoyer les mémoires oubliées,
Et effacer les silences, les peurs dépassées,
La rage en son corps s’est posée puis relevée.

Elle s’est battue jusqu’à l’oubli,
Voulait changer le cours de sa vie,
Et enfin elle a perçu, compris,
Qu’il faut laisser faire … la Vie !

Elle a alors lâché prise pour de bon,
S’est laissé porter, comme toute en abandon,
Elle a rouvert la porte de son cœur,
Pour envelopper son corps de douceur.

Et cet amour puissant qu’elle distille en ses veines,
Est comme un baume qui apaise ses peines,
Elle décide d’accepter son destin, tout est parfait,
Demain sera meilleur, en son âme elle le sait !

En elle se calme la tempête des pensées,
Elle s’ouvre comme une fleur au Divin, au Sacré,
Cet Alien de douleurs tombera un jour à genoux,
Par l’Amour Universel qui peut tout, guérit tout.
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Trouver …

Trouver …

Je suis exténuée,
Tellement fatiguée,
Juste ne plus penser,
Souffler et respirer,
Méditer,
Et trouver …
Comment expulser le monstre infernal,
Qui chaque nuit me prends en tenailles.

Ne pas avoir peur,
De cette douleur,
Se laisser traverser,
Sans la laisser gagner,
Et trouver …
Dans mon ventre, mes nerfs, mes os,
Trouver l’origine de ce chaos …

Parfois je courbe un peu le dos,
Je voudrais juste changer de peau,
Être une autre, une femme sans histoire,
Mais non, ceci est issu de mes mémoires !

Pourtant il y a la vie,
C’est beau la vie !
Danser et dans les flaques sauter,
Chanter, même faux, s’émerveiller,
Ne pas être raisonnable,
Mais toujours être affable,
Et puis infiniment aimer,
Quoi de plus beau en vérité ?

Il me semble apercevoir une petite lueur,
Qui me dit, laisse tomber ton cortège de douleurs,
Ouvre à nouveau en grand ton cœur …
Et en toi, à nouveau la lumière va briller,
La paix et la sérénité vont l’accompagner.
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Le corps sans repos.

Le corps sans repos.

En elle court, fourmille, sans cesse un bruit,
Dans les jambes, les bras, le buste, la tête, ça frémit,
Puis tout le corps se tends comme happé par un élastique,
Qui cède … et sursauts, comme autant de chocs électriques !

Cette violence inouïe que son corps subit,
Se reproduit encore et encore, ce sans répit,
Parfois une heure, parfois toute la nuit,
Et ne plus arriver à penser, en son Être meurtrie.

Les heures d’accalmie, elle cherche au plus profond,
Quel est ce monstre qui la ronge, tapi dans les tréfonds,
Elle cherche sans relâche en chaque nerf tétanisé,
Même les savants docteurs ne savent pas, et ont abandonné …

Mais elle va y arriver, faire un pied de nez à la Science,
Elle le sait, l’entrevoit, en son âme et conscience,
Car parfois, elle aperçoit une petite lumière qui brille,
Minuscule, juste en son cœur, mais bien là qui scintille.

Jour après jour, pas après pas, sans se lasser,
Elle continue le combat et pourtant doit lâcher,
Lâcher la douleur, l’appréhension de ce fléau,
Tel est le destin de la femme au corps sans repos.
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Mon histoire …

Mon histoire …

Ceci est mon histoire, maintenant, aujourd’hui,
Je vous la livre sans fard, ni peur, un peu en poésie,
Besoin de poser des mots sur mes maux,
Pour être plus forte, déposer mon fardeau.

Une maladie vicieuse est arrivée, sournoise, j’ai plié,
Elle a empli mes nuits, ne plus rien contrôler,
Elle a happé mes jours de douleurs si tenaces,
Elle m’a mise à terre, a pris toute la place.

Les grands savants m’ont sur-médicamentée,
Toujours plus, toujours plus fort, intoxiquée,
Et tout le corps déraille, intestins en tenaille,
L’estomac se fait de la bile, le foie ne tiens que par un fil,
Les tremblement s’en mêlent, chaque jour un peu plus,
Et le sommeil s’absente, récupérer … je ne sais plus !

Devant ce constat, le grand savant a dit SEVRAGE,
Les médicament vous tuent, votre corps est en rage,
Arrêtez tout, demain, qu’en pensez-vous ?
Je savais bien que ce jour viendrait tout au fond de moi,
C’est vivre ou mourir … Ais-je vraiment le choix ?

Il a dit encore, pas d’hospitalisation, pas de budget,
Avez-vous quelqu’un pour vous aider à manger ?
Et je suis sortie de cet hôpital en pleurs et en hoquets,
La peur rivée au ventre … rien que d’imaginer !

Je suis comme un junkie qui doit tout arrêter,
Entourée mais seule, je vais affronter, supporter,
Les tremblements, le corps tétanisé, bloqué,
Les douleurs, chaque nerf à vif, la frayeur,
Je vais m’enfermer et vivre cela sans douceur,
Ne pas dormir des jours et des jours, asphyxiée,
Et tout ce que je n’imagine pas, … ne plus rien décider.

Ce soir je me suis posée, en mon cœur recentrée,
Un grand calme s’est installé, la peur s’est envolée,
Alors je vais le faire, affronter cela, me battre jusqu’au bout,
Jusqu’à ce que j’expulse ce poison, à terre, à mes genoux.

Et je sais, j’ai la certitude, qu’au-delà de ce combat,
Sera une libération, qu’émergera un autre Moi,
Pour qu’en fin ce corps si malmené puisse être un réceptacle serein,
Pour qu’en fin le corps et l’âme s’unissent dans le Un.
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